Les pigeons

Un pigeon de course est avant tout un athlète sportif.

Vous faites équipe avec lui. Lui, aux rames, et vous, au management. Il fera toujours son possible pour regagner son colombier. Donc, si les choses ne vont pas, il y a deux possibilités :

- Les soins ne sont pas adaptés : vous avez mal évalué un des paramètres suivants :

• Equilibre nombre de pigeons / capacité d’accueil du colombier

• Colombier non fonctionnel : température, humidité, air

• Problème sanitaire : analyse de fientes en laboratoire (environ 10 euros)

• Soins mal adaptés : mauvaise évaluation de la préparation, manque de nutrition ou au contraire, trop nourris (gras), manque d’hygiène (nettoyage du sol, abreuvoirs, mangeoires)

 

- Les soins sont de qualité suffisante mais le pigeon ne peut faire mieux : « La plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle a »... Il faut alors penser à manger du pigeon pour laisser la place à ceux capable de répondre à vos attentes.

 

Sélectionner ses pigeons :

 

Succintement, il existe plusieurs types de pigeons de courses. De part ses capacités physiques et intellectuelles, il sera plus ou moins efficace sur des distances différentes, tel que pour l’humain, un sprinter ou un marathonnien.

 Ainsi, certains pigeons seront meilleurs en :

- Vitesse : 100 – 250 kms

- Demi-fond : 250 – 550 kms

- Fond : 550 – 800 kms

- Grand fond : 900 – 1000 kms.

 

Le tout est de choisir un créneau, et d’acquérir des pigeons capables de répondre à vos attentes dans ce créneau. Pour obtenir de bons résultats, il faut sélectionner durement, garder uniquement les meilleurs, sans état d’âme pour les autres (ceci n’empêche pas le respect). Attention à une chose cependant, on ne donne sa chance à un pigeon que si on a fait notre partie du travail, à savoir le présenter en forme optimale aux courses auxquelles on l’engage. Alors il pourra montrer son potentiel, qui sera ou ne sera pas suffisant pour rester dans l’équipe de l’année suivante.

 Pour vous aider à sélectionner, voici un exemple de tableau que vous pouvez remplir :

__________|_Course_|_______ |________ |________ |_________|...
_Matricule_|________|________|________ |________ |_________|...

__________|________|________|________ |________ |_________|...

__________|________|________|________|_________|_________|

A chaque enlogement, vous marquez si le pigeon a fait prix.

1ère colonne : matricule du pigeon.

Colonnes suivantes : sont notés les lieux de chaque course, date et nombre de pigeons y participant.

Le niveau associé au nombre de pigeons : par exemple, en bleu le nombre de pigeons engagés par la société, en vert celui du groupement, en rouge celui de la fédération...

En ligne, dans chaque colonne, en face du matricule du pigeon sera noté :

Le prix fait pour chaque concours, à chaque niveau (société, groupement, fédéral...) correspondra une couleur. Par exemple, si le pigeon s’est classé 1er société (bleu), 10 au groupement (vert) et 20 au fédéral (rouge).

 

A chaque enlogement, vous faites un point dans la case correspondante au pigeon, ainsi vous savez à quel concours votre voilier a participé.

A chaque retour, vous pointez sa présence dans la case correspondant au pigeon pour le concours en question.

S’il découche, un « D » peut être notifié ainsi que la date et heure d’arrivée.

 

Quand un pigeon fait prix par dix (c’est à dire qu’il se classe dans les dix premiers pour 100 pigeons engagés ou dans les 100 premiers pour 1000 pigeons d’engagés...), la case est encadrée au stylo (pour la mettre en valeur).

S’il fait prix de tête (dans les 10 premiers), un coup de surligneur peut être mis en plus sur la case.

 

Ainsi, très rapidement, vous verrez, d’un coup d’oeil, qui fait régulièrement des prix et qui ne fait rien ou pas assez.

 A noter : si un seul de vos coursiers fait des prouesses, vous pouvez considérer que les autres sont en mesure de le faire également. S’ils ne le font pas, la conclusion est simple.

 

Dans cette sélection, attention aussi à évaluer l’âge du pigeon :

Un jeune pigeon n’a pas la capacité physique d’un adulte. Un « un an » devra être plus économisé qu’un adulte. Sachez qu’un pigeon peut vivre plus ou moins 20 ans et peut avoir une carrière sportive de 4-5-6 ans en moyenne. Certains pigeons ne se « montrent » pas en pigeonneaux, ni même à un an (ex. : pigeon de fond).

 Vous ne jugerez pas des qualités d’un foncier en vitesse par exemple. Un pigeon ne sera jugé qu’en fonction du créneau choisi ( ½ fond, fond).

 A noter que si vous pouvez rapidement évaluer les capacités d’un vitessier ou d’un ½ foncier, pour les pigeons de fond, plus lents mais résistants à « la distance », vous jugerez au jeune âge sur la capacité à récupérer d’une course. Hors problème ponctuel (blessure, maladie), un pigeon doit récupérer rapidement d’une épreuve. Dans le cas contraire, il faut s’en séparer, sauf conditions particulières.

Certains se targuent de sélectionner à la main, reconnaissant les bons des bons... à rien... Avant de leur faire confiance, regardez les résultats sportifs de leurs pigeons, vous perdrez moins de temps ! Il est cependant vrai qu’un bon pigeon, pour une distance respectable, doit plutôt avoir les fourches fermées (à l’arrière), doit avoir un dos solide, une bonne aile souple et un bon plumage.

Dans un premier temps, bornez-vous à éliminer les plumes non soyeuses (enfin ceux qui les portent !), et les fourches arrières trop ouvertes. Associés aux faiblards (maladifs), vous aurez ainsi fait un premier tri. Pour le reste : un seul juge : LE PANIER.

Mais attention, un pigeon si bon soit-il ne peut se défendre dans une course que s’il est bien en condition (indemne de maladie, une alimentation adaptée, des entraînements adaptés...). Le meilleur amateur n’est pas la « méga » colonnie qui arrive à sortir son épingle du jeu au championnat. Le meilleur est celui qui a sélectionné très fort, joue peu de pigeons (moins de pigeons  soins plus faciles  meilleurs soins) et obtient avec ceux-ci de bons résultats.

 

Acquérir des pigeons :

 

Juste quelques principes :

 Les pédigrées...

Ces papiers ne sont là que pour vous aider à élever en famille. Ils vous informent de la qualité des parents, grand-parents...

Au-delà de la 2ème génération (grand-père), ne regardez pas. Qu’avez-vous hérité d’ensemble de qualité de votre grand-père ? de votre arrière grand-père ??!! Le nom, si ronflant soit-il, n’est que commercial. L’idéal est la descendance direct, fils/fille, de très bons voyageurs ou reproducteurs, hors de lignées où les bons pigeons sont fréquents. Au-delà, vous vous enfoncez dans le flou artistique !

- Ce n’est pas parce qu’il porte un pédigrée ronflant qu’il a plus d’excuses au niveau sanitaire, sportif que les autres.

- Si l’on vous donne des pigeons, préférez deux de bonnes origines que dix moyens.

- D’un bon amateur, il faut rapporter le bon courant sanguin. Il y a toujours une famille de pigeons au-dessus, c’est de ceux-là qu’il faut, génération la plus en direct possible.

- Achetez sur des pigeons précis, repérez, avant, les résultats (internet, journaux colombophiles par exemple). La qualité compte plus que le nombre.

- Les bons ne reproduisent pas tous des bons. Vous n’aurez que plus de chance d’en élever. Des mauvais ne vous élèveront que des mauvais.

- Le mieux est d’acheter des oeufs : moins cher et moins risqué d’un point de vue sanitaire.

- Certaines lignées, même bonnes, ne se feront pas à vos soins, à votre milieu.

- Quand un amateur vous donne des oeufs ou des pigeons, la moindre des politesses est de le tenir informé à chaque saison des résultats obtenus sur ses pigeons ou descendants. Pensez bien qu’il a souvent payé assez cher pour acheter les parents ou qu’il vous offre tout simplement le fruit de la sélection qu’il a mené. Ceci mérite bien un petit effort de votre part.

- Ne jamais refuser un pigeon d’un bon amateur, ou alors cette offre ne se reproduira pas. S’il est meilleur que vous, c’est qu’il veut vous aider, le temps est venu de saisir une chance de progresser.

- Signalez le pigeon égaré. Vous aurez peut-être des déconvenues mais la chance peut se trouver au bout du fil. Des amitiés sincères se sont parfois créées, des colombophiles se sont aussi « trouvés équipés » en remerciements du signalement d’un bon pigeon. Il s’agit de toute façon d’un problème d’éthique, d’honnêteté. Si vous avez la chance un jour d’avoir un bon pigeon qui se perde, que diriez-vous à la personne qui va le tenir fermé chez lui, pour élever dessus sans vous le signaler ?! C’est du vol pur et simple.

- Le nom de la lignée n’aide pas à voler. Avoir un père ou une mère bon voyageur ou reproducteur est un plus non négligeable, non une garantie.

- Aucun couple ne donne que des bons (tout dépend de ce qu’on appelle « bon » !)

- Avant d’acquérir chez un amateur, regardez ses résultats sportifs. Touchez ses bons pigeons pour voir si ce qu’il vous vend est en adéquation.

- Un amateur ne vous vend pas forcément la crème de suite, c’est parfois au 3 ou 4ème achat qu’il y consédera, quand il aura jugé de votre sérieux, de votre capacité à utiliser correctement ses pigeons. Ceci est encore plus valable pour les dons. Il est décevant au plus haut point de donner ce qu’on a de mieux à quelqu’un qui n’en prend pas soin, le néglige, ne fait pas de son mieux alors que vous offrez votre meilleur.

- Allez chercher des pigeons chez des gens « contre » lesquels vous ne jouez pas.

- Soyez conscient d’une chose : un amateur qui a de bons résultats s’investit dans son hobbi, parfois de façon importante financièrement. C’est son choix. S’il vous donne des pigeons, ils seront le fruit d’achats coûteux ou le fruit d’une sélection draconnienne. Il vous offre le fruit de son travail. Respectez ceci comme il se doit. Il n’est pas obligé de le faire.

- Cherchez une origine ou deux de pigeons qui s’adaptent bien chez vous, et faites en votre ossature de lignée. Ne vous écartez pas trop de ceux-ci, tout au moins au début.

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